La donnée: le nouveau trésor de la 4ème révolution humanitaire

L’informatique cognitive frappe fort. On a beau dire que l’ère tant souhaitée et appréhendée à la fois de l’intelligence artificielle frappera à la porte tôt ou tard. Le moment est venu pour voir en réalité des systèmes auto-apprenants avec une forte incidence sur le quotidien des humains. La machine est désormais capable de nous simplifier la vie. À une échelle macroscopique, elle va donner la voie à de nouveaux défis, de nouvelles pistes et stimuler davantage les âmes les plus innovantes. Cependant, cette intelligence est l’aboutissement d’une perception qui aurait vu le jour avec le tout premier modèle de McCulloch-Pitts des réseaux neuronaux vers la fin de a deuxième guerre mondiale. Le besoin d’avoir des machines qui apprendraient avec l’expérience était formulée clairement par Alan Turing, le père de l’informatique moderne au milieu du vingtième siècle. L’expérience dont on parle ici a depuis fait couler beaucoup d’encre et de salive: La donnée, le graal aussi bien des chercheurs que des entrepreneurs aujourd’hui, soit un demi-siècle après. Dans tous les secteurs d’activités, on cherche à automatiser des processus, repenser le business model, prendre soin de la relation client, élaborer de nouvelles stratégies, optimiser ses ressources par le prisme de la donnée et des technologies de calcul à haute performance.

La donnée est le nouveau pétrole: C’est l’expression qui revient assez souvent dans le monde de l’entreprise. Il s’agit du cheval de bataille des géants de l’industrie.Le chevalier le mieux placé pour l’appréhender est le Data Scientist, un peu comme les pétroliers du dix-neuvième siècle qui se disputaient les puits de pétrole. Sauf qu’ici le Data Scientist est un résolveur de problèmes d’une autre dimension. Tout au long de son travail, il est amené à manipuler des données structurées et non structurées, sous plusieurs formats et à extraire de la valeur en procédant par itérations dans une étape ultérieure. Le Data Scientist a plusieurs casquettes et ne se limite pas nécessairement à un secteur en particulier. D’abord, il est appelé à écouter les clients et les collaborateurs pour comprendre une problématique « métier » bien particulière et mieux dessiner les contours de l’écosystème, les contraintes et les données à sa disposition. Il traduit ces besoins. Il esquisse le squelette du workflow à mettre en place, la granularité des données, la vitesse avec laquelle elles atterissent dans le back-end ( la face cachée de l’entreprise où les données sont stockées et non dévoilées) et les algorithmes à appliquer. Il émet des hypothèses, imagine des scénarios, met en place des modèles pour classifier, prédire, combiner les deux à la fois parfois et n’hésite pas à changer de perspective quand les idées en théorie se heurtent à la production.

À travers ces itérations, Le data scientist intègre au fur et à mesure l’ensemble des données et les variables de moindre importance et s’engage à industrialiser la solution souhaitée.

Au fil du temps, il continue de développer de nouvelles briques et de nouveaux algorithmes permettant un alignement permanent entre les besoins en perpétuelle évolution et les fonctionnalités de la solution.

Le sens du détail et de la rigueur est un atout majeur. La surabondance de l’information est une arme à double tranchant: L’imagination est constamment stimulée face à une volumétrie de données non encore exploitée et dont le flux d’entrée est difficile à suivre. Cependant, à une époque où l’information pullule et devient déroutante dans la majorité des cas, le « fact-checking » ou la vérification des faits avant d’entamer la moindre tâche est cruciale.

La bataille pour suivre le train en marche met en avant tous les acteurs majeurs de l’économie. La science de données et l’intelligence artificielle marquent un tournant inéluctable dans l’appréhension des nouvelles problématiques émergentes et il est temps que notre pays se charge de mobiliser des compétences tunisiennes confirmées aux quatre coins du globe.

 

Un article rédigé par Pr Mahmoud Nabi ,il est ancien élève de l’école polytechnique de Tunisie (promotion 1995-1998).

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